A Toronto, le goût de la Syrie

Par Chloé Aeberhardt

Fidèle à sa réputation multiculturaliste, la métropole canadienne accueille de nombreux réfugiés syriens. Makdous, fatteh, shawarmas… Ils y essaiment leur savoureuse gastronomie, se concoctant un avenir loin de la guerre.

The Depanneur accueille des réfugiées syriennes qui cuisinent des plats vendus en ligne, ici Ghana Alabdullah et Ahd Alobi.<img src= »https://img.lemde.fr/2019/01/09/0/0/1280/1920/600/0/60/0/4801ecb_2019011245.0.2239661467syrie1_web.jpg » alt= » »>
The Depanneur accueille des réfugiées syriennes qui cuisinent des plats vendus en ligne, ici Ghana Alabdullah et Ahd Alobi. LIAM MALONEY POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

A la descente du bus, le cortège avait quelque chose de funèbre : quatorze femmes emmitouflées de noir, manteaux, écharpes, gants, bonnets de laine, hidjabs. Il fallait bien toute la panoplie pour affronter le froid de cette matinée mordante de février 2016. Depuis leur arrivée à Toronto quelques semaines auparavant, ces réfugiées syriennes n’avaient pas quitté l’hôtel payé par le gouvernement, non loin de l’aéroport. Certaines n’avaient jamais pris le métro de leur vie, encore moins emprunté d’escalator, ou vu la neige qui ce jour-là recouvrait les trottoirs et rendait leur marche hésitante.

Mais aussitôt introduites dans la cuisine où fourneaux et provisions les attendaient, l’appréhension est tombée en même temps que leurs capes et leurs manteaux. « Elles ont dénoué leur écharpe, arraché leur blouson, et se sont jetées sur les sacs de courses. Dix minutes plus tard, elles riaient, elles chantaient. C’était un miracle ! Ces femmes cuisinaient, et elles revenaient à la vie. » Cara Benjamin-Pace travaille au Depanneur, un incubateur de restaurants qui, un jour par semaine, met sa cuisine du centre-ville à la disposition des réfugiées syriennes. C’est elle qui dirige ce projet, baptisé Newcomer Kitchen, « la cuisine des nouveaux arrivants ».

Une cuisine reconnue

En ce jour d’octobre 2018, c’est caviar de courgettes et fatayers au musakhan, des petits chaussons de pâte à pain farcis d’une préparation à base de poulet, d’oignons et de poudre de sumac, une baie rouge au goût acidulé légèrement astringent. Depuis cinq mille ans, la gastronomie occupe une place essentielle dans la culture syrienne. « Damas et Alep sont les capitales culinaires du Levant », précise Len Senater, un quadragénaire passionné de cuisine qui a quitté son agence de marketing pour fonder The Depanneur en 2011.

C’est en Syrie que les femmes préparent les spécialités régionales les plus sophistiquées comme le makdous, de jeunes aubergines farcies d’un mélange de noix, d’ail, de piment d’Alep, et marinées à l’huile d’olive. Rien qu’à Damas, il existe vingt-cinq variétés différentes de kebbeh, ces boulettes de boulgour fourrées de viande et parfumées d’épices et d’herbes. « Si tu es égyptien, tu as intérêt à prendre une épouse syrienne », conseille un proverbe régional – une bien sexiste consécration. « En Syrie, les femmes mettent énormément de créativité, d’enthousiasme et de savoir-faire dans la cuisine, car elles n’ont pas toujours la possibilité de l’investir ailleurs », poursuit Len Senater.

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Netflix envisagerait de créer un centre de production à Toronto

Lorsqu’on lui a demandé si Nertflix souhaitait s’implanter dans la métropole, le maire John Tory a laissé entendre que cette possibilité était bien réelle.Photo: Cole Burston La Presse canadienne Lorsqu’on lui a demandé si Nertflix souhaitait s’implanter dans la métropole, le maire John Tory a laissé entendre que cette possibilité était bien réelle.

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La Semaine de la francophonie de Toronto annonce son édition 2019

Le comité organisateur de la Semaine de la francophonie de Toronto, sous la présidence de Lise Béland du Collège Boréal, et avec l’appui de la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures, a annoncé la tenue de sa 19e édition qui se déroulera du 20 au 30 mars 2019.

Déployée sur dix jours, la Semaine de la francophonie proposera à tous les francophones et francophiles de la région des dizaines d’activités et événements culturels, artistiques, littéraires et scientifiques, dans toute la ville.

Quatre dates ont été choisies par le comité organisateur, soit le 20 mars pour le cocktail d’ouverture dans l’édifice du Toronto Star (sur invitation), le 21 mars pour une soirée cinéma québécois, le 23 mars pour une journée familiale au Collège Boréal, et le 30 mars pour le spectacle de Rosalie Vaillancourt à l’Alliance française de Toronto.

Le Comité organisateur ont remercié les partenaires communautaires pour leur implication continue, inhérente au succès de la Semaine de la francophonie de Toronto, et se réjouit de pouvoir à nouveau collaborer avec eux dans le cadre de cette prochaine édition. Le programme complet sera officiellement annoncé prochainement.

Les organismes faisant partie du comité organisateur sont le Collège Boréal (coordinateur), le Bureau du Québec à Toronto, le ministère des Affaires francophones de l’Ontario, le Centre francophone de Toronto, Francophonie en Fête, le Collège Universitaire Glendon, l’Alliance française de Toronto, Oasis Centre des femmes et le Consulat général de France à Toronto.

« Le Collège Boréal est un acteur communautaire engagé. À ce titre, coordonner la Semaine de la francophonie de Toronto avec autant de partenaires communautaires de talent rassemblés autour d’une même table est un privilège. C’est une très belle responsabilité qui fait honneur à notre institution », indique Lise Béland, présidente du comité de la Semaine de la francophonie, vice-présidente Toronto et CSO du Collège Boréal.

« En tant que célébration populaire et festive de la langue française et des cultures francophones, la Semaine de la francophonie participe pleinement à la diffusion et à la promotion des richesses culturelles canadiennes. Cette mise en exergue de notre diversité est fondamentale à l’équilibre de notre société du vivre-ensemble, que nous défendons à la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures », ajoute Guy Matte, directeur général de la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures.

La Semaine de la langue française et de la francophonie est un événement culturel annuel organisé dans plusieurs pays, ainsi que plusieurs provinces et villes canadiennes, avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie, autour du 20 mars, Journée Internationale de la Francophonie. La Semaine de la francophonie de Toronto a vu le jour dans sa forme actuelle en 2001. Chaque année, sous l’impulsion d’un comité organisateur composé d’institutions francophones locales, la communauté est invitée à développer une série d’initiatives culturelles, artistiques, littéraires, scientifiques dans l’objectif de célébrer et de promouvoir la francophonie sous toutes ses formes et dans toute sa diversité.

SOURCE et PHOTO: Comité organisateur de la Semaine de la francophonie de Toronto

https://lemetropolitain.com/la-semaine-de-la-francophonie-de-toronto-annonce-son-edition-2019/